4 Février

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Le 4 février

 

 "Les enfants demandent du pain sans arrêt,...."

 Nous continuons à vivre comme des bohémiens. 
Nous n'arrêtons pas de discuter : est-il temps pour les femmes de passer en France ? Aller chercher du pain à Cerbère, ce n'est pas la même
chose que de traverser pour s'installer là-bas...

Toute la frontière est gardée par un cordon de milliers de gendarmes qui appliquent sans état d’âme cet ordre inhumain: ne laisser entrer personne...
Des rumeurs prédisent que le passage en France va être autorisé, à un moment ou à un autre. A côté de ces incertitudes arrivent des nouvelles, apportées par les nouveaux arrivés. Vich et Olot sont déjà aux mains des franquistes qui ne sont plus qu'à 14 km de Gérone...


Notre nourriture est sévèrement rationnée, elle n'est plus composée que de lentilles ou de pois chiches. Les enfants demandent du pain sans arrêt, nous en obtenons encore, toujours à 200 pésètes le kilo....

  A quelques mètres de la frontière, cela ressemble à une fourmilière.
Inutile vouloir décrire le tableau des routes avec les camions, les autobus, les voitures à l'arrêt, collés les uns aux autres, ou la foule des civils mêlée aux militaires en retraite.
Triste spectacle que celui de ces soldats, un grand nombre  est blessé et avance boitant bas, certains sont amputés d'un bras ou d'une jambe ; ils se trainent sur le chemin vers la France. Nombreux sont ceux qui ont pu abandonner l'hôpital avant qu'il ne soit pris par les traitres, assassins du peuple espagnol.

 

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